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sous la dictature militaire. Elle
a connu un immense succés : son auteur Roberto Athayde a
reçu le "prix Molière", la plus haute récompense
théâtrale à Rio de Janeiro. Son texte fut, à
l'époque, conçu comme un pamphlet politique courageux
et corrosif contre "le système" alors en place.
Certes Madame Marguerite n'est pas le dictateur.M.le Directeur de
l'école était... Le général au pouvoir.
C'est à lui qu'elle menace d'envoyer les élèves,
ceux que l'on ne revoit pas après , ceux qui disparaissent...
Mais la pièce n'aurait pas eu un tel succès si Madame
Marguerite, l'institutrice qui craque, n'était pas un personnage
et quel personnage, surtout celui travaillé et conçu,
avec quelques uns de mes conseils, par Laurence Sémonin.
Non pas une malade mentale, mais un caractère outré,
pathologique, sans doute, un caractère à façettes
multiples. La toute puissance même dérisoire, outrée
et terrorisante, l'excitation, la fantaisie, la familiarité,
l'obscénité choquante, inattendue de cette femme raide,
tendue, rigide, rigoriste, aux vêtements strictes, sévères,
conventionnels, masquent difficilement ou mieux maintiennent l'angoisse
de mort qui peut, elle, triompher. Les affirmations gratuites, le
comportement servent de défense contre cette angoisse fondamentale.
Laurence Sémonin a travaillé, elle a traqué
le personnage, elle l'a restauré dans sa poignante et contradictoire
vérité, elle se l'approprie tous les soirs avec succès,
elle le crée de toute pièce pour nous le donner. Vous
serez déroutés, passionnés, séduits.
Allez voir Laurence Sémonin.
Pour nous, pendant trois semaines, Madame Marguerite c'est elle.
Heureux Franc-Comtois d'avoir parmi nous une telle actrice. Elle
tient la scène à elle toute seule, pendant la soirée,
comme une grande, comme une très grande."
Robert Volmat
Professeur de Neuropsychiatrie à la faculté.
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