Juillet août 1986, création du deuxième spectacle "Du côté de chez la Madeleine Proust" rebaptisé La Madeleine Proust à Paris"

(extraits de
" La Madeleine Proust"
chez Flammarion pg 96)
(extraits de
" La Madeleine Proust"
chez Flammarion pg 98)
(extraits de
" La Madeleine Proust"
chez Flammarion pg101)



"
Les poulets ne se vendent plus qu'à poils, on ne plume plus les poules que dans les usines à bouffe-sous-plastique.
On les rôtit à la chaîne sur pal ou sur place publique comme des hérétiques sous l'Inquisition.
La fade puanteur de la plume mouillée qu'on arrache manque à notre quotidien poétique, autant que le frémissement sensuel du moulin à café entre nos cuisses .
Au début de ce siècle, 90% des français étaient paysans.
Il en reste quelque chose, un bout de motte au tréfonds de nous quand nous pleurons sincérement, nos larmes ont un arrière goût de terre comme l'eau qui file entre les haies de haricots grimpants par les soirs d'été. Seuls les crocodiles, politiciens ou non, pleurent de la vase fétide.
La Madeleine Proust touche en nous ce lopin d'eternité où notre graine a pris, elle nous procure un plaisir de temps retrouvé. J'ai entendu les parisiens l'applaudir aussi fort que s'ils avaient eu les mains calleuses. Cette nouvelle farce de Maîtresse Pathelin est moderne comme Molière.
Ce monologue d'une vivace veuve de la glèbe vous accouche enfin d'un rire du fond des âges. On se sent mieux après, et pour longtemps.
Tandis que la Madeleine Proust se démaquille en coulisses. Je l'ai vue redevenir Laurence Sémonin,
Jésus ! Qu'elle est jolie !

>Jean-Pierre Chabrol

"

vues de presse - revues de presse - revues de presse - revues de pr

Ca y est, la Madeleine Proust conquiert Paris...! Laurence Sémonin revient avec un nouveau spectacle aussi corrosif que le précédent, avec une scène encore plus impressionnante. A côté de ses poules, la Madeleine va continuer de nous raconter ses déboires, de déblatérer sur son entourage et sa condition...
>Alain Riou

" Seule en scène, Laurence Sémonin, entre ses poulets et sa chatte, nous parle de la fermière aux champs. C'est drôle, d'une observation familière et d'une vérité sensible. Photographie instantanée d'une vieille femme qui ne prend pas la pose et laisse courir son franc-parler. Mieux qu'un portrait, une chronique d'un monde dont on ne dit rien"
> Le Point - Pierre Marcabru


"Laurence Sémonin, en sympathie, en communion, l'oeil aigu, débusque un être de chair et de sang qui se cachait sous le maquillage le folklore et les grimaces. Quelqu'un est là qui vit, qui souffre et qui existe. laurence Sémonin, mine de rien, nous a complétement mis dans sa poche, et la réalité avec."
> ELLE - Pierre Marcabru

" Vive "la Madeleine Proust" Avec tout cela, le temps passe, de saison en saison, et ce temps glisse comme la neige sur la Madeleine. Parce qu'elle est immortelle, epérons-le, cette vieille femme de Franche-Comté qu'une jeune femme de Franche-Comté, Laurence Sémonin, fait vivre tous les soirs sur une scène de théâtre, allez la voir."
> L'événement du Jeudi - Brigitte Salino



Photo Eric Larrayadieu
TLP Déjazet
(août à octobre 1987)


Photo Eric Larrayadieu
TLP Déjazet
(août à octobre 1987)


Palais des glaces,
(novembre 87 à mai 88)
le soir de Noël,
mon fils Jérémie, monte sur scène
déguisé en père-Noël.




Théâtre du Gymnase
Les deux spectacles en alternance
(janvier à mai 90)

vues de presse - revues de presse - revues de presse - revues de pr
Le rideau s'ouvre
Un matin de printemps
Le jour se lève
le brouillard se dissipe
Son : chants d'oiseaux
Une ferme comtoise au thuyé*
qui fume un poulailler
Des sapins
Un pommier en fleurs
La madeleine ouvre les fenêtres
Y'a tellement à faire
Secouer l'édredon - taper le
paillasson - arroser les serais -
verser du lait dans le bol du chai
donner aux poules - aller au pair
faire la lessive - pendre le linge -
appeler la caisse de retraite
dépendre le linge -
veiller un mort


noir


Un jour d'été
Grand beau temps
Son : tracteurs - faucheuses -
cloches de vaches
Des géraniums sur les fenêtres
Le jardin en fleurs
Un tas de foin - des poules
picorent devant la ferme
La madeleine s'installe dehors
Les mains toujours afférées
pour causer - parler des gosses -
de la dictée de Pivot - de Coluche
parler de Tchernobyl
du mondial - du tour de France -
Parler pour parler - parler pour
ne rien dire
Parler des homos - des touristes
des bals - d'un enterrement

noir


Un après midi d'automne
Temps couvert
Son : du vent - un train qui passe
Des pommes atm arbres -
plus une seule fleur
la Madeleine s'énerve
Contrela sNcF -(es chauffards-
les parisiens - la télé
II y a du bois à couper - la poule
à plumer - les doubles fenêtres
à poser
Coup de tonnerre pluie

noir


Un jour d'hiver
Ciel bleu - dur
Son : coassements
Jardin nu arbres sans feuilles -
fenêtres givrées
La fumée sort du thuyé
La Madeleine prépare
l'hibernation
II faut recouvrir les jardins
de daie - donner des graines aux oiseaux - jeter des cendres sur
le sol gelé - rentrer le paillasson
La nuit tombe
Les cloches de l'église sonnent
à la volée ça sent la neige
Sous les flocons la Madeleine
part à la messe de minuit
Joyeux Noël
rideau